Femme enceinte et varicelle : ce qu'il faut savoir

La varicelle est une infection virale fréquente qui survient le plus souvent pendant l’enfance. Elle est provoquée par le virus varicelle-zona, un virus appartenant à la famille des herpesvirus. Ce virus possède une particularité : après l’infection initiale, il reste présent à l’état latent dans l’organisme et peut parfois se réactiver plus tard sous forme de zona. La transmission se fait principalement par voie respiratoire, à partir de gouttelettes émises lors de la toux ou de la parole. Le virus peut également se transmettre par contact direct avec le liquide contenu dans les vésicules cutanées. Une fois infectée, la personne développe généralement une immunité durable. Dans la majorité des cas, la varicelle évolue favorablement. Certaines situations nécessitent toutefois une attention particulière. C’est le cas chez l’adulte, chez certaines personnes fragiles, et pendant la grossesse.

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Qu'est-ce que la varicelle ?

La varicelle correspond à une infection aiguë due au virus varicelle-zona. Elle se manifeste par une éruption cutanée caractéristique accompagnée de symptômes généraux comme la fièvre ou la fatigue. Après l’infection, le virus persiste dans l’organisme au niveau des ganglions nerveux. Cette persistance est appelée latence virale, c’est-à-dire la présence du virus sous une forme inactive qui peut parfois se réactiver plus tard.

Comment le virus provoque l’éruption cutanée ?

Après l’entrée du virus dans l’organisme, celui-ci se multiplie d’abord dans les voies respiratoires et les ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques sont de petits organes du système immunitaire qui participent à la défense contre les agents infectieux. Le virus diffuse ensuite dans la circulation sanguine. Cette diffusion, appelée virémie, permet au virus d’atteindre la peau. Les cellules cutanées infectées produisent alors les lésions typiques de la varicelle : des vésicules remplies de liquide clair qui évoluent ensuite vers une croûte. La personne infectée est contagieuse dès un à deux jours avant l’apparition de l’éruption et jusqu’à la formation complète des croûtes.

Varicelle chez l’enfant et chez l’adulte : des formes différentes

La varicelle touche majoritairement les enfants. Chez eux, l’infection est le plus souvent bénigne et guérit spontanément en quelques jours. Chez l’adulte, l’infection est généralement moins fréquente, car la majorité des personnes ont déjà été exposées au virus pendant l’enfance. Lorsque la varicelle survient à l’âge adulte, les symptômes peuvent être plus marqués. Plusieurs différences sont observées :

  • L’éruption cutanée peut être plus abondante

  • La fièvre peut être plus élevée

  • Les complications sont plus fréquentes.

Parmi ces complications figure la pneumopathie varicelleuse, une infection pulmonaire liée au virus varicelle-zona. Elle correspond à une inflammation des poumons provoquée par l’infection virale.

Comment la reconnaître ?

La varicelle présente des signes caractéristiques qui apparaissent généralement après une période d’incubation d’environ deux semaines.

  • Éruption cutanée typique : apparition de petites taches rouges qui évoluent en vésicules remplies de liquide puis en croûtes 

  • Éruption en plusieurs poussées : différentes lésions peuvent coexister au même moment sur la peau 

  • Démangeaisons importantes : les lésions peuvent provoquer un prurit, c’est-à-dire une sensation de démangeaison 

  • Fièvre modérée : la température peut s’élever légèrement au début de l’éruption 

  • Fatigue ou malaise général : sensation de fatigue associée à l’infection 

  • Lésions sur le cuir chevelu et le tronc : l’éruption apparaît souvent d’abord sur ces zones avant de s’étendre.

Les lésions évoluent généralement sur une durée d’environ une semaine.

Femme enceinte et varicelle : quels sont les risques ?

La varicelle guérit le plus souvent sans complication. Certains contextes peuvent toutefois s’accompagner de manifestations plus sévères, notamment durant la grossesse.

Pour le foetus

Lorsque l’infection survient pendant la grossesse, le virus peut, dans certains cas, être transmis au fœtus. Cette transmission s’effectue par voie transplacentaire, c’est-à-dire à travers le placenta via la circulation sanguine maternelle. Le risque dépend étroitement du terme de la grossesse au moment de l’infection.

Avant 20 semaines d’aménorrhée

Lorsque l’infection maternelle survient au cours du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre, en particulier avant 20 semaines d’aménorrhée, un syndrome appelé varicelle congénitale peut apparaître. Cette période correspond à la phase d’organogenèse, c’est-à-dire à la formation des organes du fœtus, ce qui explique la sensibilité particulière à une infection virale.

Ce syndrome correspond à un ensemble d’anomalies pouvant toucher plusieurs organes. Les atteintes décrites comprennent notamment :

  • Des lésions cutanées cicatricielles

  • Des anomalies oculaires

  • Des atteintes neurologiques, c’est-à-dire du système nerveux

  • Des anomalies des membres

  • Un retard de croissance intra-utérin, correspondant à un développement insuffisant du fœtus.

Cette situation reste rare, avec un risque estimé inférieur à 2 % lorsque l’infection survient avant 20 semaines d’aménorrhée.

En fin de grossesse 

Lorsque l’infection survient en fin de grossesse, la problématique est différente. Si la varicelle apparaît dans une période proche de l’accouchement — en particulier dans les 5 jours précédant la naissance ou dans les 2 jours suivant celle-ci — le nouveau-né peut développer une varicelle néonatale. Cette forme peut être sévère, car le système immunitaire du nourrisson est encore immature, c’est-à-dire insuffisamment développé pour lutter efficacement contre le virus, et la transmission des anticorps maternels n’est pas encore optimale.

Pour la femme enceinte

Chez la femme enceinte, la varicelle correspond à une infection virale qui peut évoluer vers des formes plus sévères que chez l’enfant. Cette différence s’explique par des modifications physiologiques liées à la grossesse. Le système immunitaire, chargé de défendre l’organisme contre les agents infectieux, fonctionne de manière plus tolérante afin de permettre le développement du fœtus. Cette adaptation peut rendre certaines infections virales plus intenses.

Pneumopathie varicelleuse

La complication la plus documentée est la pneumopathie varicelleuse. Il s’agit d’une infection des poumons provoquée par le virus varicelle-zona. Elle survient plus fréquemment chez l’adulte que chez l’enfant, et le risque semble majoré pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre. Les symptômes associent une toux, un essoufflement, parfois une douleur thoracique et une altération de l’état général. Dans les formes sévères, une insuffisance respiratoire peut apparaître, nécessitant une prise en charge hospitalière.

Formes cutanées sévères

En parallèle, la varicelle peut s’accompagner de formes cutanées plus étendues. Les lésions, appelées vésicules, correspondent à de petites bulles remplies de liquide. Chez l’adulte, elles peuvent être plus nombreuses, plus inflammatoires et s’étendre à l’ensemble du corps. Une surinfection bactérienne peut se produire. Cela correspond à une infection secondaire par des bactéries au niveau des lésions cutanées, favorisée par les altérations de la peau. Cette situation peut entraîner une aggravation locale, avec rougeur, douleur et parfois formation d’abcès.

Autres atteintes : foie et cerveau

Certaines complications plus rares sont également décrites. Le virus peut atteindre d’autres organes, notamment le foie ou le cerveau. Une atteinte neurologique, appelée encéphalite, correspond à une inflammation du cerveau. Elle peut se manifester par des troubles de la conscience, des maux de tête intenses ou des troubles du comportement. Ces formes restent exceptionnelles mais justifient une vigilance particulière.

Varicelle pendant la grossesse : quand faut-il être attentif ?

Une attention particulière est nécessaire lorsqu’une femme enceinte n’a jamais eu la varicelle ou n’a jamais été vaccinée contre cette infection. En cas de contact avec une personne atteinte de varicelle ou en cas de symptômes évocateurs, un avis médical doit être recherché rapidement. L’évaluation médicale peut permettre de vérifier le statut immunitaire, de confirmer ou non l’infection, d’organiser le suivi de la grossesse si nécessaire. Dans certaines situations, des examens virologiques peuvent être réalisés pour détecter la présence du virus.

Quelles solutions naturelles pour la varicelle en étant enceinte ?

Quels bons gestes adopter ?

Plusieurs mesures simples peuvent contribuer à limiter les complications et la transmission du virus : 

  1. Eviter de gratter les lésions cutanées afin de réduire le risque d’infection de la peau

  2. Garder les ongles courts pour limiter les lésions liées au grattage

  3. Maintenir une hygiène cutanée adaptée

  4. Limiter les contacts avec les personnes fragiles ou non immunisées

  5. Rester à domicile pendant la phase contagieuse.

Ces mesures contribuent à réduire la transmission de la varicelle et à favoriser la cicatrisation des lésions.

Précautions

Certaines situations nécessitent une vigilance particulière. La vaccination contre la varicelle utilise un vaccin vivant atténué, c’est-à-dire un vaccin contenant une forme affaiblie du virus capable de stimuler la réponse immunitaire. Ce type de vaccin est contre-indiqué pendant la grossesse. Chez les femmes qui n’ont jamais eu la varicelle, la vaccination peut être proposée avant une grossesse. Elle comprend deux injections espacées dans le temps, avec un délai recommandé avant la conception. Lorsqu’une exposition survient pendant la grossesse chez une femme non immunisée, l’évaluation médicale permet d’adapter la prise en charge.

Conseil de l'expert

La varicelle est généralement bénigne, mais certaines situations justifient une attention particulière. C’est notamment le cas chez l’adulte et pendant la grossesse. La reconnaissance précoce des symptômes et l’avis médical permettent d’évaluer le risque et d’adapter la prise en charge. Chez les femmes ayant un projet de grossesse, la vérification du statut immunitaire vis-à-vis de la varicelle peut être discutée avec un professionnel de santé.

En savoir plus

Que signifie être immunisée ?

Être immunisée signifie que l’organisme possède déjà des défenses spécifiques contre un agent infectieux. Dans le cas de la varicelle, cette protection apparaît le plus souvent après avoir eu la maladie ou après une vaccination. Le système immunitaire fabrique alors des anticorps, c’est-à-dire des protéines capables de reconnaître le virus et de faciliter son élimination lors d’un nouveau contact. Chez la majorité des personnes, cette réponse immunitaire persiste longtemps et protège contre une nouvelle varicelle. Une immunisation peut être confirmée par un test sanguin recherchant des anticorps dirigés contre le virus varicelle-zona.

Quel est le lien entre la varicelle et le zona ?

La varicelle et le zona sont causés par le même virus, appelé virus varicelle-zona. Lors de la varicelle, l’infection correspond à la première rencontre entre l’organisme et ce virus. Après la guérison, le virus ne disparaît pas complètement : il reste présent à l’état dormant dans certains ganglions nerveux, qui sont des structures du système nerveux situées le long des nerfs. Des années plus tard, ce virus peut se réactiver. Cette réactivation entraîne le zona, une éruption douloureuse localisée sur une zone de la peau correspondant au trajet d’un nerf. Le zona n’est donc pas une nouvelle infection, mais la réactivation du virus acquis lors de la varicelle.

Est-ce que la varicelle est dangereuse pour une femme enceinte ?

La varicelle correspond à une infection provoquée par le virus varicelle-zona, un virus de la famille des herpèsvirus. Chez une femme enceinte qui n’a jamais été immunisée, l’infection peut entraîner certaines complications. Pendant le premier et le deuxième trimestre, il existe un risque rare mais réel de syndrome de varicelle congénitale, caractérisé par des anomalies du développement du fœtus (atteintes cutanées, neurologiques ou oculaires). En fin de grossesse, lorsque l’infection survient autour de l’accouchement, le nouveau-né peut développer une varicelle néonatale, parfois sévère car son système immunitaire est encore immature. Pour cette raison, toute exposition ou suspicion de varicelle pendant la grossesse justifie une évaluation médicale rapide afin de vérifier l’immunité et d’envisager une prise en charge adaptée.

Zoom sur notre rédactrice pharmacienne et docteure en biologie moléculaire, Stéphanie LE GUILLOU

Stéphanie est pharmacienne (depuis 2010) et docteure en biologie moléculaire (depuis 2012). Passionnée de rédaction, elle écrit des contenus médicaux depuis près de 15 ans. Son objectif est de rendre accessible et compréhensible les informations, sans jamais perdre en justesse scientifique.

Bibliographie

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Haute Autorité de Santé. Grossesse : les vaccins recommandés.

2

Haute Autorité de Santé. Diagnostic par détection virale et/ou sérologie des infections à virus herpes simplex et varicelle-zona dans le cadre mère-enfant.

3

Assurance Maladie. Les infections virales avec transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse.

4

Assurance Maladie. Varicelle : que faire et quand consulter.

5

Assurance Maladie. Prévenir la varicelle.